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06 novembre 2012 @ 23:19
Can I take your breath ?  
Titre : Can I take your breath ?
Auteur : Rukyoshû.
Base : Super Junior.
Genre : UA/One-shot/Tranche de vie.
Note : Ce petit écrit répond au thème du concours de k-pop-love-stories. Il fallait créer une histoire autour d'une image qui devait apparaître dans le texte.
Déclaration : Première fois que je me mets dans la peau de Sungmin. Ce n’est pas mon membre préféré, même si je l’apprécie beaucoup, et j’espère que mon défi de lui donner le premier rôle sera relevé.



Résumé : Un stage de natation. Une leçon de respiration de bouche-à-bouche. Et des sentiments qui n’en peuvent plus de rester cachés. Parfois, il suffit d’un rien pour que les barrières s’effondrent.









Can I take your breath ?




Je soupirai. Une fois, puis deux, et encore, attirant son regard surpris. Mais je l’ignorai, n’ayant pas envie de me confronter à lui pour le moment. Un nouveau soupir passa mes lèvres alors que je regardais le large bassin qui nous faisait face à présent. Qu’est-ce qu’on foutait là, déjà ? Ah oui, ce stupide stage de natation qui ne nous servirait à rien. Celui pour lequel je m’étais inscrit à cause de lui. Lui qui hantait mes pensées jour et nuit. Lui qui ne voyait rien et ne comprenait pas mieux mon comportement. Lui qui n’en avait rien à faire. Mais je m’accrochais et, même si je m’en voulais de m’accrocher autant, il y avait toujours quelque chose qui me retenait. Quelque chose qui ne me faisait voir que lui. Heureusement, mon meilleur ami était là aussi. Sans lui, je me serais sans doute fait porter pâle. Eunhyuk était le seul à savoir ce qu’il se passait dans mon cœur. Je sais bien, le cœur n’est qu’un organe et tout ce qui est de l’amour n’a rien à voir avec lui. Mais “ce qu’il se passait dans ma tête” fait beaucoup trop cérébral. Et avec lui, je n’étais pas en mesure de réellement réfléchir ou penser correctement. J’étais pire qu’une jeune fille en fleur. Ou peut-être pas à ce point mais je m’horripilais moi-même. Enfin, tout ça pour dire que mon meilleur ami était vraiment une perle. D’où son surnom. C’est bien trouvé, non ? Eunhyuk signifiant bijou, ça ne pouvait être un surnom adapté qu’à Hyukjae. Et je sais de quoi je parle, on se connaît depuis le primaire. Ça fait vieux, non ? Quoi qu’il en soit, j’étais bien content qu’il soit là aussi.

Avec nous, face à ce grand bassin bleu – d’ailleurs, pourquoi toutes les piscines se sentent obligées d’être bleues ? – se trouvaient aussi quatre amis de faculté. Tout d’abord, il y avait Kangin, l’ours qui cache son cœur derrière un côté bourru et parfois bien lourd. Son vrai prénom, je ne le connaissais même pas, il s’était présenté à nous sous son pseudonyme et ça ne nous était jamais venu à l’idée de lui demander quel pouvait bien être son prénom. C’était peut-être un signe d’amitié bancale mais ça nous allait. Ensuite, il y avait Hankyung, de son vrai nom Han Geng, le chinois perdu. Nous nous sommes tellement bien occupés de lui que maintenant, même s’il galère encore un peu sur certains sujets, il peut balancer à n’importe qui toutes sortes d’insultes colorées. Il y avait également Yesung, notre voix d’artiste personnelle. Son prénom est Jongwoon mais il nous est habituel de l’appeler Yesung. Sans doute parce qu’il passe tout son temps à chanter. Une vraie comédie musicale à lui tout seul. Et finalement, nous accompagnait Ryeowook, notre petit protégé qui sait pourtant bien se défendre tout seul. En somme, une joyeuse équipe de crétins. Et avec nous tous, il y avait lui, bien évidemment. Lui, Cho Kyuhyun. L’homme pour lequel je me damnerais les yeux fermés.

Alors que j’observais mes camarades, me retenant de le regarder lui, je pus voir subitement leurs yeux étinceler de milles feux. Je haussai un sourcil circonspect avant de tourner la tête vers ce qui les envoûtait à ce point. Je compris mieux. Une jolie jeune femme en maillot de bain venait de faire son apparition de l’autre côté du bassin. Sans doute le maître nageur qui serait notre coach pour ces quelques jours. Elle fut face à nous en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, provoquant un léger courant d’air. Et alors qu’elle se présentait, mon cerveau se déconnecta. J’avais tout fait pour ne pas m’y concentrer. Et sans le vouloir, mes efforts étaient réduits à néant. Ce faible mouvement d’air venait de m’apporter une douce et agréable odeur. Celle de son shampoing à lui. À la douche, il n’avait mouillé que ses cheveux. Et le fait qu’ils soient fortement humides amplifiait leur délicat parfum de fruits. Si la simple odeur de son shampoing me faisait cet effet, c’était à la fois dommage et rassurant qu’il ne se soit pas davantage mouillé. L’odeur de son gel douche mêlée à celle de sa peau devait être exquise. Mais ça n’aurait servi à rien qu’il se douche entièrement puisque lui…


Lui n’entrerait pas dans l’eau. Il sortait à peine de l’hôpital après un accident de voiture qui avait manqué de lui ôter la vie. Je n’avais pas compris pourquoi il avait tant tenu à venir avec nous malgré tout puisqu’il se contenterait de glisser ses doigts dans l’eau de temps à autre. Même si nous étions inscrits depuis une dizaine de mois maintenant, personne ne lui en aurait tenu rigueur de ne pas venir. Il était vrai que nous nous étions fait une joie, au début, de pouvoir se rendre ensemble à ce stage. Et il y avait eu cet accident. Dès lors, tout avait changé pour moi.

Ce fut la voix insistante de la jeune femme qui me fit revenir parmi eux. Elle nous expliqua que nous allions d’abord commencer par faire des exercices de nages différentes durant les deux premiers jours. Le troisième, nous apprendrions les bases de la respiration bouche-à-bouche. Le quatrième, nous mettrions cette technique de respiration sous l’eau en pratique. Et le cinquième et dernier jour était destiné à des petits jeux visant à tester les acquis de chacun. Youpi, m’exclamai-je de manière ironique et suffisamment bas pour que seul mon meilleur ami entende. Heureusement qu’il était là.

Grâce à Eunhyuk, les deux premiers jours ne se passèrent pas aussi mal que je l’avais imaginé. Bien sûr, je sentais son regard brûlant sur nous. Bien sûr, la nage était ce qu’il y aurait de plus simple dans ce stage. Mais je ne fus pas aussi déchiré de le voir assis plus loin, en compagnie parfois de notre charmante coach, parce que mon meilleur ami me tint toujours occupé. Sitôt qu’il sentait que je dérapais, il me coulait. Sitôt qu’il voyait que je faiblissais, il m’appelait en faisant semblant de se noyer. C’était un remède efficace. Eunhyuk était bête mais attachant et il faisait vraiment tout pour m’aider. Il était sincèrement une des personnes que j’appréciais le plus dans ma vie.

Jetant mon sac dans l’entrée de mon appartement, je partis m’effondrer sur mon canapé. Dès le lendemain, nous commencerions la respiration sous l’eau et j’appréhendais un maximum. En plus de ça, mes épaules et mes cuisses me faisaient un mal de chien suite à ces deux jours d’exercices de nage. Au fond, je ne comprenais pas ce que je redoutais tant. Ce n’était qu’un stage pour apprendre à respirer sous l’eau grâce au bouche-à-bouche. Oui, mais lui n’y participerait pas. Lui resterait sur le côté, encore une fois. Sa présence avec nous dans l’eau me manquait cruellement. Il était là et nous regardait mais c’était déjà trop loin. S’il avait été avec nous, tout aurait été bien différent. Tout est toujours différent quand il est là. Je soupirai en m’enfonçant dans mes coussins.

Ce fut mon téléphone qui me rappela à l’ordre en vibrant deux fois sur la table basse. Deux messages d’Eunhyuk. Même éloigné, il savait quand j’avais besoin qu’il me change les idées.
« Mon corps courbaturé se sent plein de vie. On va se faire un basket ? »
« Ah, Siwon et Donghae veulent se joindre à nous, c’est encore mieux ! »
J’eus un petit soupir mais remerciai mentalement mon meilleur ami et ses deux colocataires. C’était ce qu’il me fallait. Rester enfermé chez moi n’était pas la solution. Il n’y en avait aucune, à l’heure actuelle, qui me venait en tête. Alors sortir était une bonne idée. Je m’empressai de lui répondre.
« On se rejoint sur le terrain ! Le dernier arrivé commence avec cinq points de retard ! »
« Tricheur, t’habites à deux pas ! »
« Tu perds du temps~ »
Mais il avait raison. Il me suffisait de marcher deux cents mètres et j’étais au terrain. Lui avait une dizaine de minutes à pieds. Souriant, je bondis hors du canapé et attrapai mes clefs avant de sortir de chez moi. Se concentrer sur le jeu et ne plus penser à lui, c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Je verrais bien comment se passerait le lendemain. Je devais me l’ôter de la tête au moins pour une soirée.

Une fois arrivé, et après avoir constaté que j’étais effectivement le premier, je décidai de m’échauffer un peu en courant. Je fis plusieurs fois le tour du terrain avant de m’en lasser. Seul, ça n’avait rien d’exaltant. Je m’assis alors, les genoux relevés, dans le but de faire des abdos. Le sol dégageait la chaleur accumulée durant la journée, me faisant transpirer. En plein mois de juillet où les températures avoisinaient les 35°C à l’ombre, ça n’était pas si étonnant. Malgré tout, ça restait désagréable. Notre partie allait être chaude.
_ Min ! s’exclama subitement la voix essoufflée de mon meilleur ami. T’aurais pu faire l’effort de te changer au moins, t’abuses !
Tournant la tête vers lui, je pus constater qu’il donnait l’impression d’avoir sprinté pour arriver plus vite. Il avait les joues rouges et son souffle était saccadé. Le connaissant, j’aurais dû m’en douter. Mais j’en étais toujours surpris. Son esprit de compétition dépassait tout ce que j’arrivais à imaginer. Et pourtant, je n’étais pas le dernier à me montrer compétitif.
_ Pour arriver après toi ? C’était hors de question.
_ Et tu vas donc jouer en jean et chemise ?
Je me contentai de hausser les épaules en me relevant. Ma chemise collait déjà à mon dos. Je trottinai jusqu’à lui.
_ On devrait courir un peu pour ne pas se refroidir.
Il accepta et, sans même nous concerter, nous nous mîmes à faire la course.

Trempés de sueur à cause de la lourdeur de l’air, nous nous arrêtâmes après trois égalités. Eunhyuk était plus rapide que moi mais je n’aimais pas perdre et avais forcé pour ne pas le laisser me distancer. J’étais déjà à bout de souffle et me courbai pour m’appuyer sur mes genoux le temps de me reprendre. Ce fut à cet instant que Donghae et Siwon arrivèrent tranquillement. Eux ne semblaient pas s’être dépêchés du tout.
_ Déjà morts ? s’étonna Donghae. Qu’est-ce que ça donnera quand on aura joué ?
_ Ah, tais-toi, soupirai-je.
Je me redressai pour lui prendre le ballon des mains et me mis à dribbler. Je tentai ensuite un lancé et le ballon entra dans le filet. Un sourire barra mon visage.
_ Siwon, avec moi !
Personne ne me contredit, c’était juste une façon de faire semblant de choisir. Eunhyuk et Donghae adoraient être en équipe et je savais que les séparer n’était pas envisageable. C’était comme tenter de m’empêcher de le regarder, lui. Fixer Kyuhyun est sans doute un de mes passe-temps favoris. Il dégage tellement de choses. Mais à cette époque-là, je me contentais de l’observer de “loin”. Je m’en plaignais souvent mais, au fond, j’étais bien conscient de ma chance. J’étais ami avec lui, je le côtoyais tous les jours, je riais avec lui. Je n’étais pas à plaindre. Une amitié, même teintée de sentiments non réciproques, était bien moins douloureuse qu’un amour à sens unique sans pouvoir jamais approcher la personne aimée.

Siwon me donna une violente tape dans le dos. Je manquai de me casser la figure en partant vivement vers l’avant. Les yeux grands ouverts, je me tournai vers lui.
_ Qu’est-ce qu’il te prend ?
_ Je te réveillais de ton rêve éveillé. Au cas où tu aurais oublié, on est en équipe et je suis en train de me faire laminer.
_ Ah, pardon.
Encore une fois, j’avais pensé à lui. Secouant la tête, je me repris et me concentrai sur le jeu. Mon coéquipier de basket avait besoin de moi, je devais me montrer à la hauteur. Rapidement, le score pencha en notre faveur. Il fallait avouer que les deux autres passaient plus de temps à rire en se racontant des blagues qu’à jouer. Ils s’étaient vraiment bien trouvés et je me demandai comment Siwon arrivait à supporter leurs pitreries. Mais au fond, j’aurais aimé avoir une telle complicité avec Kyuhyun. Nous étions proches, bien sûr, mais pas au point de ces deux-là. C’était de ma faute, je le savais. Depuis son accident, j’avais pris mes distances sans réellement m’en rendre compte. Parce que j’avais eu peur, tellement peur. Et s’il n’avait pas survécu ? Tous les jours, je me demandais ce que je ferais, ce que je deviendrais s’il ne survivait pas. Et alors j’allais prier en pleurant. Je suis de religion chrétienne mais je ne suis pas du genre à prier de cette façon. Seulement, j’en avais besoin. Et il s’en était sorti.

Repenser à ça me compressa le cœur et, énervé contre moi-même de ne pas réussir à stopper mes pensées envers lui, je jouai plus sauvagement que jamais. Ce fut Eunhyuk qui m’arrêta en m’arrachant le ballon des mains avant de s’effondrer au sol. Je repris alors pieds sur terre et constatai que nous étions tous dans un sale état. Essoufflés, les vêtements trempés de sueur, les muscles endoloris. Donghae vint s’affaler juste à côté de Hyukjae et Siwon posa une main réconfortante sur mon épaule. Ce fut là que je remarquai que je tremblais. Je me laissai alors tomber sur le sol, face aux deux autres, et passai une main dans mes cheveux dégoulinant de transpiration. Siwon s’installa tranquillement à mes côtés.
_ Désolé les gars.
Personne ne répondit. Tout le monde savait. Chaque fois que je repensais à l’accident, c’était la même chose et je ne pouvais cacher mon expression déchirée. Au début, je pensais m’en sortir rapidement. Après tout, il était hors de danger. Mais à présent je me demandais si j’arriverais à passer au-dessus de ces images un jour. Eunhyuk finit par briser le silence pesant.
_ Aish, ce que j’aimerais être à la piscine, là !
_ On peut piquer une tête dans celle de mes parents, ils ne sont pas là en ce moment. Enfin, si vous avez le courage de vous y rendre.
_ Siwon, je t’aime ! s’exclama mon meilleur ami. Et j’aime tes parents !
Suite à ces belles paroles, nous nous relevâmes et nous rendîmes dans le quartier huppé de la ville, à vingt minutes de là. Et après nous être tous mis en boxer, nous passâmes sous la douche avant de nous jeter à l’eau.

Le reste de la soirée se passa dans une ambiance qui se détendit de plus en plus que la nuit se levait. Nous ne rentrâmes d’ailleurs chez nous que très tard – ou très tôt puisque nous croisâmes des personnes se rendant au boulot – et le sommeil fut de courte durée. Épuisé, je me levai vers midi avec un mal de tête affreux. La fatigue me faisait toujours cet effet-là. Je passai par la salle de bain en premier lieu, prenant une douche et m’habillant, avant de me rendre à la cuisine. Je me préparai alors un cachet et un bon repas. Quand je fus prêt, je vérifiai que j’avais bien ma serviette, mon maillot de bain et mon gel douche avant de me mettre en route vers la piscine. Autant y aller à pieds, ça me ferait du bien. Et mes muscles refroidis et douloureux pourraient se réchauffer doucement.

Une fois tous face à notre coach, elle nous salua avant de commencer. Elle ne traînait jamais en présentation et entrait toujours immédiatement dans le vif du sujet. C’était très bien ainsi. Mon regard glissa vers ma droite et je levai les yeux au ciel. Elle expliquait les gestes à suivre sous le regard lubrique de mes compagnons. Ils étaient vraiment si peu discrets que ça en était affligeant… Quelques jolies courbes féminines ne me déplaisaient pas de temps à autres. Enfin, ça, c'était avant lui. Depuis que je l’avais rencontré, j’avais bien été obligé d’admettre qu’il était bien plus désirable que n’importe quelle jolie fille. Et, même si j’avais eu du mal à accepter cet état de fait, j’assumais à présent mon attirance pour lui. Même si, pour le coup, je n’osais pas regarder vers lui, de peur de m’apercevoir qu’il était comme les autres. Pourtant, si j’avais tourné les yeux vers lui, j’aurais pu voir son regard perdu et déchiré vers la piscine, vers un endroit inaccessible. Mais je ne le regardais pas et écoutais sans les entendre les conseils de notre professeur.
_ Mais avant de commencer, nous allons faire un petit test pour savoir le temps que chacun tient sous l’eau. Ça nous permettra de constater qu’avec cette respiration nous tenons bien plus longtemps.

Nous nous apprêtions donc à plonger quand je me figeai sur place. Mon cœur accéléra brutalement. Cette voix que j’aimais tant venait de s’élever dans les airs. Sa voix fruitée m’enivrait complètement et, plus je l’entendais, plus je devenais accro à sa tonalité. Il avait une façon de parler un peu chantante, si agréable à l’oreille. Il voulait juste participer à ce test. Notre coach ne put refuser et le lui permit. Je le vis alors s’agenouiller au bord du bassin, prêt à plonger la tête dans l’eau. Mais, comme s’il avait senti mon regard sur lui, il releva la tête vers moi. Ses yeux me brûlèrent et je rougis brutalement avant de me détourner et de me rendre dans le bassin. J’avais du mal à reprendre mon souffle. Ça faisait un moment que je réagissais ainsi quand l’intensité de son regard se posait sur moi. Et la distance qui nous séparait ne faisait que s’accroître.

Étrangement, ce fut Kyuhyun qui tint le plus longtemps. Il fallait toujours qu’il me surprenne. Mais sa performance retint moins mon attention que l’eau qui glissait le long de son cou. Les gouttes étaient absorbées par son t-shirt et ses cheveux retombaient autour de son visage et devant ses yeux, voilant son regard de manière tout à fait hypnotique. Jamais il ne m’avait paru aussi attirant qu’à cet instant. Mais, dans le même temps, aussi loin de moi. Son sourire était triste et j’eus envie de le prendre dans mes bras. Je me rendais compte doucement que sa présence ici devait être douloureuse pour lui. Nous voir nous amuser sans qu’il ne puisse participer devait être dur à vivre. Cependant, je n’eus pas l’occasion de m’y focaliser puisque notre coach nous demanda d’essayer d’abord d’échanger de l’air sans aller sous l’eau. Ce serait une façon également de nous habituer à avoir un contact lèvres contre lèvres.

Voir les autres faire était drôle et amusant. Ils en rajoutaient des caisses et les voir se taquiner – comme lorsque Kangin cracha de l’eau au visage de Yesung après que Geng lui a dit voir sa moustache – me détendit. Puis ce fut mon tour et je me sentis bien moins joyeux. Notre chinois s’installa face à moi et posa ses mains sur mon cou, longeant ma mâchoire. Il n’allait pas faire ça, quand même ? Et Kangin qui était presque collé à nous, comme pour ne rien louper du spectacle. Je détestais cette situation. Eunhyuk regardait la scène juste derrière le plus grand, une main sur la bouche. Lui savait ce que je ressentais. Ryeowook et Yesung, eux, se contentaient d’attendre la suite. Tout ça sous son regard qui me brûlait la nuque. Kyuhyun, je t’en supplie, détourne les yeux ! Mais, quand Geng s’approcha de moi, je savais que l’objet de tous mes fantasmes observait toujours. Même quand je me crispai, les poings sur le torse. Même quand Geng se lécha les lèvres. Même quand Yesung appuya sur la tête de ce dernier pour que nos bouches se rencontrent. Le temps sembla s’étirer. Ces lèvres contre les miennes n’étaient pas les bonnes, n’étaient pas celles que je désirais plus que tout au monde. Le cœur battant à tout rompre, les larmes me montèrent aux yeux et mes bras repoussèrent violemment le chinois. Deux millièmes de seconde à peine s’étaient écoulés mais je me sentais mal. Frottant vivement ma bouche avec ma main, je refusai de tourner la tête vers lui alors que les rires de mes abrutis d’amis me parvenaient bruyamment aux oreilles.
Ce stage était la plus mauvaise idée qu’on ait pu avoir un jour !

En rentrant chez moi ce soir-là, j’étais tellement énervé et écœuré que je passai une bonne partie de la soirée à pleurer. Je savais que c’était ridicule, mais ce fut plus fort que moi. Je me sentais trahi. Bien sûr, ce n’était pas mon premier baiser, si tant est qu’on puisse appeler notre effleurement un baiser. Mais j’avais l’impression qu’on avait souillé mon amour. J’étais pathétique et, à nouveau, ce fut mon meilleur ami qui me rassura. Une véritable perle, je ne mentais pas.
_ Min, tu veux que je passe ou ma voix te suffira ?
_ Ne te déplace pas juste pour ça, c’est ridicule.
_ Bon, c’est toi qui choisis. Mais tu sais, c’était juste un exercice. Et puis, Kyuhyun a bien vu que tu n’avais rien demandé et que c’était Yesung l’abruti le responsable.
_ Hm.
_ Oh, allez quoi ! Ça a duré deux secondes, ce n’est pas la mort. Demain, tu feras l’exercice avec moi. Comme ça, il ne pourra pas être jaloux ou quoi que ce soit vu qu’il sait que j’ai une superbe copine.
_ Pourquoi, Hankyung a un copain ?
_ Tu ne le savais pas ? Bon sang Min, sors de ton trou un peu ! Tu commences à te focaliser trop sur Kyuhyun.
_ Bah… J’ai du mal à l’imaginer avec un mec, c’est tout. Je le voyais bien père de famille avec des enfants et tout.
_ Min, tu es flippant. Ce n’est pas parce qu’il sort avec un mec maintenant qu’il va finir sa vie avec lui. On est qu’à la fac, on a la vie devant nous.
_ Tu te vois sortir avec un mec après toutes tes copines, toi ?
_ Ma foi, s’il est aussi mignon que son copain, pourquoi pas ?
Je n’avais jamais abordé le sujet aussi sérieusement avec lui et je fus surpris. Pas choqué, il ne fallait pas pousser, mais réellement surpris. Pour moi, Eunhyuk était un homme à femmes, comme Geng. Alors savoir qu’ils pouvaient sortir avec des hommes me surprenait. J’avais eu tellement de mal à accepter mon homosexualité que ça me déroutait qu’il puisse en parler de cette façon, si simplement.
_ Mais on s’éloigne du sujet. Si tu t’inquiètes tant que ça de ce qu’il pense, pourquoi tu ne vas pas le voir directement ? Peut-être qu’il n’attend que ça ?
_ T’es fou ! m’exclamai-je vivement.
_ Peut-être, oui. Mais plus tu attendras, plus il aura le temps de trouver quelqu’un d’autre. Parfois il suffit juste d’une impulsion. Il n’a peut-être pas le cran de venir te voir.
_ Kyu ? Ne pas avoir le cran ?
_ Tu sais, quand on parle de sentiments, les choses se compliquent souvent et nous rendent moins sûrs de nous.
Il avait raison, comme bien souvent. Seulement, je n’avais pas le courage d’y aller. Parce que, s’il y a 50% de chance de finir heureux, il y a aussi 50% de risques de se prendre un râteau et de souffrir. Je ne voulais pas souffrir. Certains ont la force de souffrir pour être fixés. Je ne l’avais pas encore trouvée. Je préférais rester dans le flou, le temps de rassembler le courage nécessaire.

Notre conversation se termina de longues minutes plus tard, quand je commençais à m’endormir. La nuit précédente avait été longue et le sommeil m’emporta avant même que je ne trouve le courage de me décoller de mon canapé. Ce fut un rayon de soleil perçant à travers les rideaux du salon qui me réveilla. Il n’était pas 9h. Mon dos protesta vivement quand je me redressai et je grimaçai en me levant. Soupirant, je maudis les immeubles d’en face de ne pas être assez hauts et de ne pas cacher le soleil plus longtemps, avant de me rendre à la cuisine pour prendre un petit déjeuner. Quand j’eus fini, je passai aux toilettes avant de me décider à utiliser tout le temps libre de ma matinée à ranger mon studio. Être étudiant et ne trouver que quelques petits boulots de-ci de-là n’aidaient pas à avoir de grands espaces. Ça me suffisait. De cette façon, je pus terminer tout mon ménage en une matinée. Le midi, je mangeai un truc léger, la chaleur me coupant l’appétit, et lançai une lessive. Puis je la fis pendre avant de partir vers la piscine.

Mon meilleur ami m’accueillit avec une bonne humeur communicative et je me détendis légèrement, réussissant même à saluer Kyuhyun d’un sourire, sans faiblir sous son regard. Cette force ne dura cependant pas bien longtemps. Il lui suffit de me rendre mon sourire et mon cœur se mit à battre follement, envoyant une bonne dose de sang dans mes joues. Sérieusement, mon corps était un traître. Je détournai alors la tête pour reprendre une contenance et éviter qu’il ne voie à quel point un simple sourire me faisait de l’effet. Je ne savais pas pourquoi mais le fait qu’il puisse découvrir mes sentiments de cette façon me faisait peur. J’étais ridicule, je m’en rendais bien compte. Mais les sentiments ne se contrôlent malheureusement pas et la peur est un sentiment. Dommage. D’autant qu’il ne devait pas comprendre mon comportement, qu’il devait s’imaginer des mensonges. Mais je n’étais pas en mesure de lui avouer. Pas encore.

La voix de notre coach résonna subitement à mes oreilles et je sursautai. Je battis plusieurs fois des paupières pour me reprendre. J’en avais presque oublié que nous étions à la piscine pour notre stage. Retenant un soupir, je sentis la main de Hyukjae attraper la mienne et m’entraîner vers le bassin. Il semblait avoir hâte de tester la respiration sous l’eau. Ne souhaitant pas briser sa motivation ou sa bonne humeur, je le suivis sans broncher. La pensée que l’odeur du chlore finirait pas imprégner ma peau me traversa l’esprit et je secouai la tête en souriant, me moquant de moi-même. Une fois tous prêts, ses yeux braqués sur nous, il y eut un jeu de regards pour savoir qui commencerait. Ce fut notre coach qui décida. Kangin plongea alors sous l’eau et, quand Yesung dut lui faire passer l’oxygène, il se prit un coup sur le nez. La jeune femme envoya Hankyung pour essayer. Ce fut le même résultat. Ça n’avait rien de concluant. Puis elle choisit d’envoyer Hyukjae pour recevoir l’air de Kangin. Je les observai avec attention, comme si j’avais peur que notre ours préféré ne brise mon meilleur ami. C’était stupide mais, vus les passages précédents, ce fut plus fort que moi. Pourtant il ne se passa rien de dangereux. Kangin expliqua même qu’Eunhyuk n’exhalait pas bien son air avant de recevoir de l’oxygène et que ça l’empêchait de réussir. Et, en effet, il démontra avec brio que ça pouvait très bien fonctionner.

Voyant que ça ne semblait pas si terrible, Ryeowook me fit les yeux doux pour que nous essayions ensemble. J’acceptai un peu à contrecœur ; j’avais envie d’essayer mais ça me faisait peur. Prenant une profonde inspiration, je me bouchai le nez avant de plonger, m’immergeant entièrement. Je n’aimais pas vraiment ça. Quand je sentis que j’avais besoin de reprendre de l’air, j’appelai mon ami en agitant ma main libre à la surface de l’eau, l’autre tenant toujours mon nez. L’échange se passa sans souci et j’en fus surpris moi-même. Constater que ça fonctionnait aussi bien avait quelque chose de rassurant. Cependant, je n’aimais réellement pas rester sous l’eau de cette manière. Sentir la pression de toute cette flotte autour de moi m’oppressait et, si ça allait pour nager ou m’amuser, je ne me pensais pas capable de rester plusieurs longues minutes sous l’eau sans bouger, même sans problème d’oxygénation. Ryeowook m’assura que ce n’était pas grave, qu’il comprenait, et décida de tester alors avec Eunhyuk. Il était vrai que mon meilleur ami, lui, ne semblait pas dérangé par le fait de rester sous l’eau, bien au contraire.

Hésitant un moment, je finis par décider de rester avec eux. J’avais confiance en Ryeowook, il ne laisserait rien arriver à Hyukjae, mais je n’avais pas envie de rejoindre les autres. Ils passaient plus de temps à s’envoyer des gerbes d’eau à la figure qu’à réellement s’entraîner au bouche-à-bouche. Même si Yesung et Hankyung semblaient s’en sortir plutôt bien quand ils décidaient d’être sérieux. C’est-à-dire quand notre coach les fixait avec insistance. Quoi qu’il en soit, je commençais à me sentir inutile et je n’aimais pas ça. Ryeowook donnait de l’air à mon meilleur ami depuis presque dix minutes et ça faisait presque autant de temps que le regard de Kyuhyun me chatouillait le dos. Alors je décidai de prendre la place de Ryeowook. Après tout, c’était mon meilleur ami qui était sous l’eau, c’était à moi de participer ! Mon ami dut comprendre puisqu’il se contenta de me sourire avant de rejoindre les autres. Le premier échange – comme tous les suivants – ne posa aucun problème. C’était juste étrange. C’était vraiment bizarre d’embrasser Eunhyuk. Mais ce n’était pas de vrais baisers. Je voulais juste lui sauver la vie. Il était en difficultés, il avait besoin de moi et je me contentais de répondre à l’appel, de venir lui apporter l’oxygène nécessaire. En pensant ainsi, tout se passa à merveille.

Notre coach nous fit sortir de l’eau cinq minutes avant la fin de la séance, de façon à ce qu’on puisse faire le point sur celle-ci. Notre avis était unanime : savoir qu’on avait les capacités d’aider quelqu’un, de le sauver, nous donnait un sentiment de fierté. La jeune femme nous offrit un sourire – qui manqua de faire baver mes camarades – et nous discutâmes encore quelques instants sur ce qu’on pensait de la respiration bouche-à-bouche. En réalité, je n’écoutais pas réellement. Mes yeux avaient croisé ceux de Kyuhyun et une tempête de sentiments s’était abattue sur moi. Ils étaient aussi sombres que le gouffre de mon amour. C’était hypnotique. Déglutissant difficilement, je dus prendre sur moi et me faire violence pour détourner la tête. Je constatai alors que mes amis se dirigeaient vers les douches. Eunhyuk se tourna vers moi, surpris que je ne l’aie pas suivi.
_ Tu viens, Min ?
_ Non, je dois lui parler ! répondit Kyuhyun à ma place.
Et je ressentis une pression autour de mon poignet. Mon meilleur ami haussa les épaules et leva un pouce dans ma direction, comme pour me donner du courage. Avant de partir rapidement. Avant de me laisser seul avec l’objet de tous mes désirs.

Mon cœur s’emballa furieusement. Pourquoi donc me retenait-il si subitement ? Ses doigts contre mon poignet me brûlèrent avec délicatesse. Je fixai sa longue main contre mon bras un moment, admirant la pâleur de sa peau contre la mienne pourtant pas beaucoup plus colorée. Il toussota et je relevai les yeux pour plonger dans son regard. Il ne m’avait toujours pas relâché. J’avais chaud. J’avais froid. Je le vis se passer la langue sur les lèvres. Je crus défaillir. Mon sang courait à toute vitesse dans mes artères, boosté par la puissance de mes battements cardiaques.
_ Je ne suis pas d’accord, Min.
Je clignai plusieurs fois des yeux sans comprendre. Il sembla gêné mais déterminé. Soudainement, les paroles de mon meilleur ami me revinrent en tête. “Peut-être qu’il n’attend que ça ?” Et si, encore une fois, Hyukjae avait eu raison ? J’eus peur d’espérer, peur de m’emporter pour rien. Je crois que mon cœur fut en suspens le temps qu’il parle.
_ Je ne suis pas d’accord que tu sauves d’autres personnes. Je ne suis pas d’accord que d’autres aient le droit d’être sauvés quand je suis obligé de rester au bord à t’observer. Même si c’est ton meilleur ami. Même si ce sont nos amis. Je ne suis pas d’accord que tes lèvres en frôlent d’autres si je n’ai pas le droit d’y goûter aussi.
J’aurais aimé fermer les yeux pour cacher mon émotion. J’aurais aimé répondre quelque chose. Mais j’étais figé. Figé d’amour. Quand je commençai à voir des points lumineux, je compris que j’avais coupé ma respiration également.
_ Je voulais te le dire plus tôt mais j’avais l’impression que tu m’évitais, que mon accident t’avait dégoûté de moi. Avant, tu me regardais sans cesse, tu me souriais toujours. Je n’avais même pas à bouger le petit doigt pour que tu sois à mes côtés. Maintenant… Tu passes ton temps à te détourner, à perdre ton sourire. J’ai beau essayer de t’attirer, tu ne le remarques pas.
Quand je repris une inspiration, mon cœur se brisa. Je n’avais pas remarqué que j’avais changé à ce point.
_ Tu es devenu si froid, Min.
Je baissai la tête, honteux.
_ Je suis désolé._ Ne le sois pas. Je veux juste comprendre pourquoi, alors que je pensais mes sentiments réciproques, tu t’es soudain éloigné de moi.
Passant ma langue sur mes lèvres, je relevai la tête vers lui. Ma main vint se poser sur sa joue avec douceur.
_ Parce que je suis effrayé. Quand tu as eu cet accident... quand j’ai appris que tu risquais de ne jamais rouvrir les yeux... J’ai cru mourir moi-même. Sans toi, les choses n’ont pas de goût. Sans toi, la vie a-t-elle du sens ? Et mon amour pour toi m’a brûlé, a dévoré mon cœur, quand je me suis rendu compte qu’il y avait une chance que je ne puisse jamais te l’offrir. Et tu es là, plus en vie que jamais mais tellement plus distant aussi. Tu as peur et ça me terrifie. Parce que je ne peux rien faire.
Ses mains se posèrent dans mon cou, de la même façon que Geng la veille. Mais c’était tellement plus doux. Tellement plus fort.
_ Tu as tort.
Ces mots claquèrent dans l’air. Pourtant, il me souriait. De ce sourire qui me plaît tant.
_ Min, la seule personne qui peut faire quelque chose pour moi, c’est toi. Si je suis si distant, c’est parce que j’ai senti que ce n’était plus pareil entre nous. J’ai peur, oui. J’ai peur de te perdre alors que j’ai déjà manqué de perdre la vie. Ne me laisse pas avoir peur, Min. Si ton amour pour moi t’a brûlé, alors laisse mon amour pour toi te soigner. S’il t’a dévoré le cœur, alors laisse-moi le faire renaître. Mais ne me laisse pas de côté de cette façon.
Ses mots me firent presque suffoquer. Ces mots, je n’avais jamais osé les rêver tant ils me paraissaient improbables. Les miens se bousculèrent, tremblèrent en passant la barrière de mes lèvres.
_ Je ne te laisserai jamais de côté. Même si j’en donne l’impression, c’est faux. Tu es le plus important, toujours. Mon esprit ne pense qu’à toi, tout le temps. Tu es dans mes yeux le matin, sur mes lèvres le midi, dans mon cœur le soir. Il n’y a pas une seconde où tu es de côté. Seulement tu ne le savais pas. Kyu… Guéris-moi de cette peur qui nous ronge.
Ses yeux étincelèrent comme ils ne l’avaient plus fait depuis trop longtemps. J’aimais tant ce regard. Pourtant, quand la bouche de Kyuhyun se posa sur la mienne, je baissai instantanément les paupières. Ce contact était d’une telle douceur. Ses lèvres étaient encore plus souples et délicates qu’elles ne le laissaient supposer. Elles semblaient parfaitement épouser les miennes. Instinctivement, je passai mes bras autour de sa taille et me serrai contre lui, appuyant davantage notre contact. C’était un baiser chaste mais qui transmettait tellement de sentiments que j’eus l’impression de sentir mon cœur s’arrêter pour mieux en profiter. Quand il s’éloigna de quelques millimètres, mes joues devaient avoir pris une belle teinte rose. Ses mains n’avaient pas quitté mon cou. Son souffle chaud patina sur mon visage et je sentis son sourire taquin contre mes lèvres.
_ Heureusement, il n’y a pas besoin d’eau pour faire du bouche-à-bouche.
Je frémis sous ce constat et grignotai son sourire pour le faire taire. Enfin, nous nous étions trouvés. La prochaine fois, j’écouterai mon meilleur ami immédiatement, il est réellement de bons conseils. Quoi qu’il en soit…
Ce stage était la plus merveilleuse idée qu’on ait pu avoir un jour.


Fin

 
 
Musique actuelle: 背叛靈魂 - 韩庚